Vendre, louer, mettre en gestion : chaque opération immobilière déclenche une liste de diagnostics obligatoires dont l’absence peut coûter très cher. En 2026, la réforme du DPE et la montée en charge de l’audit énergétique ont redistribué les cartes. Pour un investisseur, ignorer ces évolutions, c’est prendre un risque juridique et financier bien réel.
Des obligations qui varient selon la situation et le type de bien
Le diagnostic de performance énergétique (DPE) reste le plus connu : il est exigé aussi bien pour la vente que pour la location, avec une validité de dix ans dans les deux cas. Mais d’autres diagnostics suivent leurs propres règles, et c’est là que les erreurs se glissent. L’état des installations gaz et électricité vaut trois ans pour une vente, six ans pour une location. Le constat de risque d’exposition au plomb (CREP) concerne les immeubles construits avant le 1er janvier 1949 : valable un an pour vendre, six ans pour louer si du plomb est détecté, illimité en l’absence de traces.
Pour les biens classés E, F ou G mis en vente, un audit énergétique complet s’ajoute désormais au DPE. Ce document, plus approfondi qu’un simple diagnostic, propose des scénarios de rénovation et engage le vendeur sur l’état thermique du bien. Son coût oscille entre 500 et 1 000 euros pour une maison individuelle. L’obligation s’applique aux logements G et F depuis avril 2023, aux logements E depuis janvier 2025. Seuls les diagnostiqueurs certifiés par un organisme accrédité COFRAC peuvent produire des documents valables juridiquement. Cliquez pour en savoir plus sur les prestations proposées à Marseille et dans toute la région.
La réforme du DPE de 2026 : une opportunité à saisir rapidement
Depuis le 1er janvier 2026, le calcul du DPE a changé pour les logements chauffés à l’électricité. Résultat : près de 850 000 logements sortent du statut de passoire thermique, et sept millions de résidences principales gagnent une classe énergétique, sans aucun travaux. Un bien classé G en 2025, donc interdit à la location, peut ainsi basculer en F en 2026 et redevenir louable.
Pour un investisseur, la conséquence est directe : un DPE réalisé avant janvier 2026 peut ne plus refléter la réalité de la classe du logement. Faire actualiser le diagnostic peut changer significativement la valeur locative ou la capacité à vendre dans de bonnes conditions. À l’inverse, un DPE obsolète présenté lors d’une transaction expose à des contestations, voire à une nullité de l’acte ou une réduction du prix.
Anticiper le calendrier des interdictions à venir
Les échéances réglementaires s’enchaînent. Les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025. Les biens classés F suivront en 2028. Dès maintenant, tout bien classé E mis en vente doit être accompagné d’un audit énergétique. Et à partir de 2034, l’obligation d’audit s’étendra aux logements classés D.
Le budget à prévoir pour un pack complet de diagnostics varie de 300 à 700 euros selon la nature et la taille du bien. Une somme à intégrer dès le calcul de rentabilité, au même titre que les frais de notaire ou les travaux.
La conformité des diagnostics n’est pas qu’une formalité administrative. Elle conditionne la valeur du bien, sa transmissibilité et la sécurité juridique de chaque opération. Mieux vaut l’anticiper que la subir.

